Trois escales africaines, un même trait : voyager autrement par le dessin
Il y a des voyages que l’on fait avec une valise, d’autres avec un appareil photo. Et puis il y a ceux que l’on entreprend simplement avec un crayon.
Ces trois ensembles sont nés de cette envie : évoquer différentes terres d’Afrique à travers des scènes de vie, des visages et des paysages, tout en conservant une unité graphique très forte.
Un fond blanc, un dessin monochrome aux tonalités sépia, quelques motifs géométriques qui encadrent la composition… et surtout des personnages placés au cœur de chaque illustration.
Trois ensembles, trois atmosphères, trois façons de raconter l’Afrique.
Damaraland — Namibie : entre gestes du quotidien et grands espaces

Le premier ensemble nous emmène dans le Damaraland, au nord-ouest de la Namibie.
Ici, j’ai voulu jouer sur le contraste entre deux dimensions d’un même territoire.
Dans Cœur de cuisine, la scène est intime. Une femme prépare un repas, entourée de récipients et d’ustensiles, avec les reliefs rocheux du Damaraland en arrière-plan. Le dessin s’attarde sur un geste simple, quotidien, presque silencieux.
Avec Concentration de chasse, l’espace s’ouvre. Le personnage domine la composition, équipé de son arc et de ses flèches, tandis que le paysage rocheux s’étend derrière lui.
Deux scènes très différentes, reliées par le même territoire : l’une tournée vers la vie quotidienne, l’autre vers l’immensité du paysage.
Le Sahara — l’univers touareg

Le deuxième diptyque change complètement d’atmosphère.
Cette fois, ce sont les Touaregs et l’univers saharien qui constituent le fil conducteur.
J’ai choisi de ne presque pas représenter le désert lui-même. Les visages occupent tout l’espace et deviennent le paysage.
D’un côté, un homme et une enfant. De l’autre, une femme et une jeune fille.
Les étoffes, les bijoux, les regards et les attitudes prennent alors toute leur importance. Le sépia permet de travailler les volumes sans rompre la douceur de l’ensemble, tandis que les motifs graphiques disposés sur les côtés viennent structurer chaque composition.
Ces deux dessins fonctionnent particulièrement en miroir : deux générations réunies dans chaque image, deux présences protectrices, deux liens suggérés sans avoir besoin de les raconter explicitement.
Une Afrique rêvée et graphique

Le troisième ensemble s’éloigne davantage de la scène narrative pour aller vers une représentation plus symbolique.
Deux portraits féminins de profil se détachent sur le blanc. Autour d’eux apparaissent différents éléments immédiatement associés aux paysages africains : silhouettes d’acacias, animaux, habitations, végétation et contours du continent.
Ici, le décor n’est plus véritablement un lieu précis. Il devient une composition graphique autour d’un imaginaire africain.
Les coiffes imposantes, les bijoux et les motifs géométriques prolongent ce parti pris. Le portrait reste l’élément principal, mais tout ce qui l’entoure participe à construire l’histoire de l’image.
C’est aussi l’ensemble dans lequel je me suis accordé le plus de liberté : il ne cherche pas à documenter un peuple ou un territoire particulier, mais à créer une évocation artistique.
Un langage graphique commun
Au-delà des sujets représentés, ces six dessins constituent pour moi une véritable petite collection.
Je voulais qu’au premier regard, on puisse comprendre qu’ils appartiennent au même univers.
Le crayon sépia est donc devenu leur langage commun. Il apporte quelque chose de chaleureux et d’intemporel, à mi-chemin entre le carnet de voyage, l’esquisse et l’illustration.
Le blanc, très présent, est tout aussi important. Il laisse respirer les personnages et évite que le décor prenne le dessus.
Enfin, les frises et motifs géométriques donnent à chaque dessin son cadre sans réellement l’enfermer. Ils créent le lien visuel entre les œuvres, même lorsque les sujets et les paysages changent.
Trois ensembles, une même intention
Damaraland raconte davantage le territoire et les gestes.
Le diptyque touareg s’attache surtout aux visages et aux liens humains. /
Le troisième ensemble explore une Afrique plus symbolique et imaginaire.
Et c’est précisément cette diversité que j’avais envie de réunir : passer d’un paysage à un visage, d’un geste quotidien à un portrait, du réel à l’évocation, tout en gardant le même trait.
Six dessins comme six fragments d’un voyage graphique à travers l’Afrique.




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