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Les Silences du Loiret

Photo du rédacteur: Delfine TRICHET-BOSMA
Delfine TRICHET-BOSMA
14 juil.
4 min de lecture

Cet article constitue un aparté dans mon journal d’atelier.

Il ne présente ni une illustration anatomique, ni un dessin au crayon, ni une création florale. Cette fois, les lignes sont devenues des phrases et les images ont laissé place à une histoire.

Les Silences du Loiret est mon premier livre — un thriller interactif ancré dans un territoire que je connais, où je vis et où je travaille depuis plus de vingt ans.


Une autre manière de créer

Écrire un livre peut sembler très éloigné de la création graphique.

Pourtant, j’y ai retrouvé de nombreux gestes familiers : construire une composition, choisir un point de vue, créer une atmosphère et décider de ce qui doit rester dans l’ombre.

Dans une illustration, une ligne conduit le regard. Dans un récit, une phrase guide le lecteur.

La différence est que ce lecteur peut ici choisir sa propre direction.


Le point de départ

Un responsable territorial meurt sur une route du Loiret.

La version officielle parle d’un accident. Mais les archives révèlent progressivement des incohérences : des avenants inattendus, des montants multipliés, des signatures isolées et une clé USB préparée avant la mort de cet homme.

Quelque part entre Briare et Orléans, une enquête commence.

Le lecteur doit comprendre ce qui s’est réellement passé. Mais chaque choix ouvre une nouvelle piste, révèle une information ou ferme définitivement une porte.



Un thriller interactif

Les Silences du Loiret n’est pas un roman que l’on lit uniquement de la première à la dernière page.

C’est un récit interactif.

À plusieurs moments, le lecteur doit prendre une décision. Il choisit la piste à suivre, la personne à croire ou le risque qu’il accepte de prendre. Ces décisions modifient ce qu’il découvre et la manière dont l’enquête se termine.

Le livre propose quatre dénouements possibles :

  • la justice propre ;

  • le compromis ;

  • l’échec ;

  • la vérité fragmentée.

Aucune fin n’est complètement confortable. Chaque parcours oblige à mesurer les conséquences de ses choix.


Cinquante-trois chances de comprendre

Le lecteur ne reste pas à distance.

Il entre dans l’enquête, consulte les éléments disponibles et décide de la suite. Il dispose de 53 chances de comprendre — et peut-être d’une seule de trouver la vérité.


Mais quelle vérité ?

Plus l’enquête avance, plus les responsabilités se mélangent. Les coupables ont leurs raisons. Les innocents ont parfois leurs silences. Même le lecteur ne traverse pas cette histoire sans devoir interroger ses propres décisions.

Choisir devient une manière de révéler ce que l’on accepte, ce que l’on refuse et jusqu’où l’on souhaite aller.


Pourquoi le Loiret ?

Le Loiret n’est pas seulement le décor du livre.

Le récit circule entre ses routes, ses villes, ses institutions et ses zones moins visibles. Il s’éloigne volontairement des représentations habituelles du territoire — les châteaux, les paysages paisibles et les images de carte postale.

Je souhaitais montrer un autre Loiret.

Un territoire vivant, complexe, composé de relations humaines, de procédures, d’habitudes et de choses que l’on préfère parfois ne pas regarder.

Cette proximité donne au récit sa matière. Elle permet d’installer une enquête dans des lieux familiers tout en faisant apparaître leur part de mystère.


Écrire depuis l’intérieur

Je vis et je travaille dans le Loiret depuis plus de vingt ans.

Cette connaissance du territoire a nourri l’écriture : ses distances, ses équilibres, ses réseaux et la manière dont les décisions peuvent circuler d’un lieu à l’autre.

Le livre reste une fiction. Il ne raconte pas une affaire réelle et ne désigne aucune personne ou institution existante.

Mais une fiction peut explorer des mécanismes crédibles : les petites concessions, les décisions reportées, les responsabilités diluées et les silences qui finissent par produire leurs propres conséquences.


La corruption ordinaire

Le livre ne met pas en scène des méchants caricaturaux face à des héros irréprochables.

Il s’intéresse à une corruption plus discrète.

Celle qui se glisse entre les procédures, profite des habitudes et prospère parce que chacun ne voit qu’une petite partie de l’ensemble. Celle que des personnes ordinaires laissent parfois s’installer par intérêt, par prudence ou simplement parce que la peur semble plus confortable que le courage.

Cette zone grise constitue le cœur du thriller.

Elle oblige le lecteur à chercher la vérité tout en comprenant que celle-ci ne suffit pas toujours à produire une fin parfaitement juste.


Du visuel au récit

Même si ce livre s’éloigne de mes créations habituelles, je ne le considère pas comme une rupture.

Mon travail graphique cherche souvent à révéler ce qui se trouve sous la surface : une anatomie cachée, une fragilité ou une émotion dissimulée derrière une forme.

Les Silences du Loiret poursuit la même recherche avec d’autres outils.

Cette fois, il faut regarder derrière les documents, les discours et les apparences. Le lecteur avance comme un observateur qui rassemble des détails jusqu’à voir apparaître une composition plus large.


Une invitation à enquêter

Ce premier livre représente un nouveau chemin dans mon parcours créatif.

Il m’a permis d’explorer l’écriture, la construction d’une enquête et la création de plusieurs trajectoires possibles. Il offre surtout au lecteur une place active.

Je vous invite donc à entrer dans cette histoire, à lire attentivement les archives et à choisir votre route.

Vous trouverez peut-être la vérité.

Mais rien ne garantit qu’elle vous conduira à la fin que vous espériez.


Quel choix feriez-vous : poursuivre la vérité à tout prix ou accepter un compromis pour protéger ce qui peut encore l’être ?


Les Silences du Loiret est une œuvre de fiction. Les personnages et les événements racontés sont imaginaires.

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