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Sécurité d’un souffle

  • Photo du rédacteur: Delfine TRICHET-BOSMA
    Delfine TRICHET-BOSMA
  • 12 août 2024
  • 2 min de lecture

Respirer paraît naturel. Le geste est discret, presque invisible. Pourtant, chaque souffle rappelle l’équilibre fragile sur lequel repose notre corps.

Avec Sécurité d’un souffle, je me suis intéressée à la cage thoracique. Cette structure osseuse protège des organes essentiels tout en restant en mouvement. Elle se soulève, s’abaisse et accompagne chaque respiration.

Cette double fonction m’a inspirée : protéger sans enfermer, entourer sans immobiliser.


Création artistique représentant un thorax associé à des éléments organiques et végétaux.
Sécurité d’un souffle — Thorax : protéger l’essentiel tout en laissant circuler la vie.

Une architecture protectrice

La cage thoracique évoque d’abord la solidité. Les côtes forment une enveloppe autour du cœur et des poumons. Elles dessinent une architecture naturelle, régulière et presque symétrique.

Mais cette protection n’est pas rigide. Elle doit laisser au corps l’espace nécessaire pour respirer.

C’est cette contradiction apparente qui m’intéresse : la force peut rester souple. La protection peut laisser circuler la vie. Ce qui nous défend n’a pas toujours besoin de devenir une armure.


La fragilité derrière la structure

Lorsque l’on observe un thorax, on peut voir des os, une forme ou un élément anatomique. J’y vois également un espace intime.

Derrière cette structure se trouvent le souffle, le rythme du cœur et toutes les émotions qui modifient notre respiration. La peur peut la suspendre. L’apaisement la ralentit. L’effort l’accélère. Une émotion forte peut donner l’impression que l’air manque.

Le souffle devient alors plus qu’une fonction du corps : il révèle notre état intérieur.


Adoucir le regard

L’anatomie est souvent présentée de manière scientifique ou médicale. Dans mon travail, je cherche à la déplacer vers un autre territoire.

Je ne veux pas seulement représenter une structure. Je souhaite montrer ce qu’elle peut évoquer : la délicatesse, la vulnérabilité, la protection ou la capacité à continuer malgré les tensions.

Les formes organiques et végétales me permettent d’apporter cette douceur. Elles créent un dialogue entre ce qui paraît solide et ce qui semble fragile. L’os et la nature ne s’opposent plus — ils participent à une même histoire.


« Protéger sans enfermer, entourer sans immobiliser. »

Retrouver son souffle

Aujourd’hui, cette œuvre me fait penser à tous les espaces dans lesquels nous pouvons respirer librement : un lieu, une présence, une habitude ou un moment de création.

Nous cherchons tous une forme de sécurité. Mais la sécurité n’est peut-être pas seulement ce qui nous protège du monde. Elle peut aussi être ce qui nous permet de nous ouvrir, de bouger et de reprendre notre souffle.

Sécurité d’un souffle parle de cette frontière : être protégé sans être retenu.


Et vous, cette œuvre vous évoque-t-elle davantage la protection, la fragilité ou la liberté de respirer ?



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