Pourquoi je mêle l’anatomie et les fleurs
- Delfine TRICHET-BOSMA
- 15 mai 2024
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 heures
L’anatomie et les fleurs semblent appartenir à deux univers opposés.
D’un côté, le corps humain : sa structure, ses organes, ses courbes et sa précision. De l’autre, le monde végétal : sa légèreté, son mouvement et son apparente fragilité.
C’est précisément cette opposition qui m’intéresse.
Regarder autrement le corps humain
L’anatomie est souvent présentée de manière scientifique ou médicale. Elle explique le fonctionnement du corps, mais laisse parfois peu de place à l’émotion.
Mon regard est différent. Je ne cherche pas à reproduire parfaitement un organe ni à réaliser une planche anatomique. Je m’intéresse à ses lignes, à ses volumes et aux formes qu’il peut faire naître dans mon imagination.
Un cœur, un poumon, une cage thoracique ou une rate deviennent alors le point de départ d’une composition.
En les isolant de leur contexte médical, je peux les regarder autrement. Je découvre des courbes, des équilibres et parfois une douceur inattendue.

Introduire la vie et le mouvement
Les fleurs m’offrent une autre liberté.
Elles peuvent pousser autour d’un organe, prolonger une ligne ou s’installer dans un espace qui semblait fermé. Elles apportent du mouvement, de la couleur et une forme de respiration.
Elles ne sont pas seulement décoratives. Elles peuvent évoquer la croissance, la transformation, la vulnérabilité ou la renaissance. Une fleur possède sa propre force, même lorsqu’elle paraît délicate.
Dans mes créations, elle devient un langage.
Faire coexister la force et la fragilité
Notre corps est à la fois solide et vulnérable.
Il nous porte, nous protège et s’adapte. Pourtant, il reste sensible aux blessures, au temps et aux émotions. Les fleurs partagent cette dualité : elles peuvent pousser dans des conditions difficiles, mais leur existence demeure fragile.
Lorsque je réunis ces deux univers, je cherche cet équilibre.
L’organe représente ce qui nous constitue intérieurement. Le végétal exprime ce qui évolue, s’ouvre ou tente de trouver sa place. Leur rencontre crée une image qui ne raconte pas une seule histoire.
Chacun peut y projeter sa propre sensibilité.
De la précision vers la poésie
Je commence généralement par observer la forme anatomique. Je cherche les lignes fortes, les courbes et les espaces dans lesquels le végétal pourrait apparaître.
Puis je laisse la composition évoluer.
La fleur peut suivre le mouvement de l’organe, le traverser ou sembler en naître. Les couleurs interviennent ensuite pour créer un contraste, souligner une émotion ou adoucir certaines formes.
La précision anatomique devient alors un point de départ — pas une limite.
Une rencontre ouverte au regard
Mêler l’anatomie et les fleurs me permet de montrer le corps sans dureté. Je souhaite révéler une beauté intérieure qui dépasse sa simple fonction physique.
Ces créations parlent du vivant, de ses contradictions et de sa capacité à se transformer.
Je ne cherche pas à imposer une interprétation. Je préfère laisser chacun reconnaître dans l’œuvre une émotion, une histoire ou une partie de lui-même.
Et vous, que ressentez-vous devant cette rencontre entre le corps et le végétal : de la force, de la fragilité ou une forme de renaissance ?




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