Poumons de bois : quand le souffle devient musique
- Delfine TRICHET-BOSMA
- 18 juil. 2024
- 2 min de lecture
La musique commence souvent par un souffle.
Celui du musicien, bien sûr, mais aussi celui que l’on retient avant les premières notes. Dans Poumons de bois, j’ai voulu rapprocher deux univers qui semblent différents : l’anatomie humaine et le violoncelle.
Pourtant, leur rencontre m’est apparue presque naturelle.

Un instrument qui semble vivant
Le violoncelle possède une présence particulière. Sa forme rappelle celle d’un corps. Son bois vibre, résonne et transmet une émotion que l’on ne peut pas toujours expliquer avec des mots.
Comme les poumons, il contient un espace intérieur invisible. Cet espace participe à la naissance du son. L’instrument ne respire pas réellement, mais il donne parfois l’impression d’être vivant.
Cette proximité entre le corps et l’instrument est devenue le point de départ de la création.
Relier le souffle et la vibration
Dans cette œuvre, les poumons ne sont plus seulement des organes. Ils deviennent une caisse de résonance symbolique.
Le souffle nourrit le corps. La vibration donne une voix au violoncelle. Tous deux reposent sur un mouvement intérieur que l’on ne voit pas, mais que l’on peut ressentir.
J’aime explorer cette frontière entre ce qui appartient au corps et ce qui appartient à l’objet. En les associant, une autre lecture apparaît : le violoncelle devient presque organique et les poumons semblent capables de produire leur propre musique.
La douceur du bois
Le choix du bois apporte également une dimension importante.
Il possède ses veines, ses nuances et ses imperfections. Comme le corps humain, il porte les traces de son histoire. Il peut sembler solide, mais il reste sensible aux variations, aux tensions et au temps.
Cette matière permet d’adoucir la représentation anatomique. Les poumons ne sont pas montrés comme une image médicale. Ils deviennent une forme sensible et poétique — un lieu où pourraient naître le souffle, le son et l’émotion.

Une œuvre à écouter du regard
Poumons de bois parle de musique sans produire une seule note.
Elle évoque le lien entre le souffle, le geste et la vibration. Elle rappelle aussi que certaines émotions passent directement par le corps : une respiration qui change, un frisson ou un rythme qui s’accélère.
Chacun peut toutefois y entendre quelque chose de différent. Une mélodie, un silence, une fragilité ou une force intérieure.
C’est ce dialogue entre l’œuvre et la personne qui la regarde qui m’intéresse le plus.
Et vous, si cette œuvre pouvait produire un son, lequel entendriez-vous ?




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