top of page

Les Fleurs du temps — quand le végétal rencontre le corps

  • Photo du rédacteur: Delfine TRICHET-BOSMA
    Delfine TRICHET-BOSMA
  • 4 sept. 2024
  • 2 min de lecture

Les fleurs occupent une place particulière dans mon travail.

Je ne les utilise pas seulement pour leur beauté ou leur délicatesse. Elles deviennent un langage. Elles expriment ce que les mots ne parviennent pas toujours à dire : la fragilité, la transformation, la mémoire, la force ou le passage du temps.

La collection Les Fleurs du temps est née de cette envie de faire dialoguer le végétal et le corps humain.

Œuvre « Anesthésiste » mêlant anatomie humaine et éléments végétaux dans une composition poétique.
Anesthésiste — Entre abandon, protection et renaissance végétale.

Regarder autrement l’anatomie

L’anatomie peut sembler froide, scientifique ou même impressionnante. Pourtant, lorsque je l’observe, j’y vois aussi des courbes, des mouvements, des équilibres et une grande fragilité.

Un organe n’est pas seulement un élément fonctionnel. Il raconte quelque chose de notre histoire. Il porte nos émotions, nos blessures, nos forces et tout ce qui nous maintient en vie.

En associant l’anatomie aux fleurs, je cherche à déplacer le regard. La fleur apporte sa douceur, mais aussi son énergie. Elle pousse, se transforme, s’ouvre puis disparaît. Le corps suit lui aussi ses propres cycles.

Dans mes créations, ces deux univers ne s’opposent pas. Ils se prolongent.


La fleur comme langage

Chaque fleur peut être regardée comme un signe.

Elle peut évoquer une naissance, un souvenir, une absence ou une renaissance. Elle peut aussi représenter ce qui continue à grandir en nous, malgré les difficultés et les changements.

Je ne cherche pas à lui attribuer une signification unique. Je préfère laisser chacun reconnaître sa propre émotion dans la composition.

Dans certaines œuvres, le végétal semble protéger le corps. Dans d’autres, il paraît surgir de lui. Parfois encore, il accompagne simplement une ligne anatomique et en révèle la poésie.

Le sens reste volontairement ouvert.


Entre force et fragilité

La fleur est souvent associée à la fragilité. Pourtant, elle peut pousser dans des environnements difficiles, traverser les saisons et réapparaître lorsque l’on ne l’attend plus.

Cette contradiction me touche : être délicat sans être faible.

Le corps humain porte la même ambiguïté. Il peut sembler solide tout en restant vulnérable. Il nous protège, nous limite, nous surprend et se transforme avec le temps.

Les Fleurs du temps explore cet équilibre. La collection parle de ce qui passe, mais aussi de ce qui résiste. Elle met en lumière la beauté des transformations et la force cachée dans les formes les plus délicates.


Une collection qui évolue

Cette collection ne suit pas une histoire fermée. Chaque œuvre en constitue un nouveau chapitre.

Certaines créations parlent du souffle. D’autres évoquent l’ancrage, l’instinct, la sensualité ou la protection. Elles possèdent chacune leur identité, mais restent reliées par un même fil : porter un regard plus sensible sur ce qui compose le corps humain.

Au fil du temps, de nouvelles images pourront rejoindre cet ensemble. La collection continuera ainsi à grandir et à se transformer — comme un jardin intérieur dont chaque œuvre serait une nouvelle floraison.


Et vous ?

Devant ces créations, voyez-vous d’abord le corps ou la fleur ? La fragilité ou la force ? Une histoire personnelle ou une image simplement poétique ?

Il n’existe pas de bonne réponse. L’œuvre commence avec mon intention, mais elle poursuit son chemin dans le regard de celui ou celle qui la découvre.



Commentaires


bottom of page