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Créer malgré le doute

  • Photo du rédacteur: Delfine TRICHET-BOSMA
    Delfine TRICHET-BOSMA
  • 18 janv. 2025
  • 3 min de lecture

Créer ne signifie pas toujours avancer avec confiance.

Il existe des jours où les idées arrivent facilement. Le geste semble naturel et l’image trouve progressivement sa place. D’autres fois, chaque choix devient une question : la composition est-elle équilibrée ? La couleur est-elle juste ? L’œuvre est-elle suffisamment aboutie pour être montrée ?

Le doute s’installe souvent dans cet espace.

Il peut ralentir la création, mais aussi nous faire oublier pourquoi nous avons commencé.


La recherche de la perfection

J’ai parfois tendance à vouloir corriger chaque détail.

Cette exigence peut être une force. Elle m’incite à observer, à recommencer et à chercher une solution plus juste. Elle m’aide à progresser et à ne pas me satisfaire trop rapidement d’un résultat.

Mais la recherche de la perfection peut aussi devenir un obstacle.

À force de vouloir améliorer une création, je peux perdre la spontanéité du départ. Je regarde alors davantage ce qui pourrait être corrigé que ce qui fonctionne déjà. L’œuvre semble ne jamais être véritablement terminée.

Il faut pourtant accepter de poser le crayon.


Se sentir légitime

Le doute ne concerne pas uniquement la technique. Il peut aussi toucher à la légitimité.

Suis-je réellement une artiste ? Mon travail mérite-t-il d’être présenté ? Est-il suffisamment personnel, abouti ou différent ?

Ces questions apparaissent facilement lorsque l’on compare son travail à celui des autres. Nous voyons leurs œuvres terminées, leurs réussites et leur assurance apparente. Nous ne voyons pas toujours leurs essais, leurs hésitations et tout ce qui précède le résultat.

La comparaison peut être utile pour apprendre. Elle devient plus difficile lorsqu’elle nous empêche de reconnaître notre propre parcours.

Œuvre « Équilibre précaire » représentant un pied dans une composition anatomique et poétique.
Équilibre précaire — Trouver son appui, accepter l’incertitude et continuer à avancer.

Trouver son équilibre

L’œuvre Équilibre précaire — Pied représente bien cette sensation.

Créer ressemble parfois à une recherche permanente d’équilibre. Il faut avancer entre l’exigence et la liberté, entre l’envie de progresser et la peur de ne pas être à la hauteur.

Cet équilibre n’est jamais complètement stable.

Mais il n’a peut-être pas besoin de l’être. Le mouvement fait partie du processus. Une hésitation peut conduire vers une nouvelle idée. Une imperfection peut apporter une personnalité inattendue au dessin.

Le plus important reste de ne pas s’immobiliser.


Montrer une œuvre imparfaite

Présenter son travail demande une forme de courage.

Une création exposée au regard des autres ne nous appartient plus tout à fait. Elle peut être appréciée, ignorée ou interprétée très différemment de ce que nous avions imaginé.

Mais une œuvre cachée ne peut provoquer aucune rencontre.

J’apprends donc à montrer mes créations sans attendre qu’elles correspondent à une perfection impossible. Cela ne signifie pas renoncer à l’exigence. Il s’agit plutôt d’accepter qu’une œuvre représente un moment de mon parcours.

Elle montre ce que j’étais capable de créer à cet instant.


Faire du doute un moteur

Le doute n’est pas forcément un ennemi.

Il peut pousser à observer davantage, à explorer une autre solution ou à sortir d’une habitude. Il devient utile lorsqu’il ouvre une piste de travail. Il devient plus lourd lorsqu’il ne fait que répéter que le résultat ne sera jamais suffisant.

J’essaie donc de lui poser une question simple : que puis-je améliorer concrètement ?

Si une réponse existe, je poursuis le travail. Si aucune réponse précise n’apparaît, il est peut-être temps de considérer l’œuvre comme terminée.


Continuer à créer

Je ne cherche plus à faire disparaître complètement le doute. J’essaie d’avancer avec lui.

Créer, c’est accepter une part d’incertitude. C’est commencer sans toujours connaître le résultat. C’est essayer, modifier, parfois recommencer — puis décider qu’une œuvre peut vivre en dehors de l’atelier.

Le doute peut rester présent. Il ne doit simplement pas avoir le dernier mot.


Et vous, qu’est-ce qui vous aide à avancer lorsque le doute s’installe dans un projet ?



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